L’hôpital de Kabir Chaura

L’hôpital gouvernemental de Kabir Chaura.

 

L’intervention s’effectue au niveau de la chambre (ward) n°3, la chambre des brûlés. Jeunes femmes, hommes, enfants, personnes âgées, tous brûlés par accident tentative de meurtre, suicide, choc électrique…Nettoyage des lésions, ablations des peaux et croûtes, surveillance de l’évolution.

Intervention également auprès des personnes sans famille («lavaris»).

Tous les jours, après les premières activités ( ghats, railway station etc…), toute ou partie de l’équipe se rend à l’hôpital gouvernemental où nous travaillons plus particulièrement à la chambre ( « ward » ) numéro 3, la chambres des brûlés.

Nombreuses sont les jeunes femmes hospitalisées, mais il y en a aussi de plus âgées ainsi que des hommes et des enfants, souvent très gravement brûlés.

Accidents ( souvent dus à l’électricité pour les hommes ), suicides, tentatives de meurtres sont les causes les plus fréquentes d’hospitalisation. Les auto-immolations, aussi terribles que cela puisse nous paraître à nous occidentaux, sont courantes en Inde, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, et avec la pendaison, c’est le moyen le plus utilisé pour mettre fin à ses jours.

Parfois dans le cadre des problèmes engendrés par le non-paiement de la dot, les malheureuses jeunes femmes sont acculées au suicide ou alors grièvement brûlées par la belle-famille. Mais les causes sont diverses et variées et on ne peut généraliser, il y a aussi des crimes pour obtenir une maison, un terrain etc…

En ce qui concerne la structure de la chambre n°3, elle a beaucoup évolué avec les années. A présent, des cloisons séparent l’espace en « box », les patients sont isolés les uns des autres et peuvent recevoir les soins dans l’intimité, ce qui est un progrès considérable par rapport à la grande chambre commune qui existait auparavant.

Il y a 12 chambres individuelles et 3 chambres à deux lits, ce qui porte le nombre maximum de places à 18. Parfois, mais assez rarement, des brûlés doivent être hospitalisés dans d’autres services s’ils sont trop nombreux.

Notre travail consiste à faire en arrivant la visite de tous les patients, à voir les progrès, à écouter les plaintes et à essayer de résoudre les problèmes, que nous transmettons éventuellement à la « sister » ( l’infirmière ). Nous expliquons aux familles comment passer la crème, où appliquer la bétadine liquide, quelle nourriture est appropriée ou non etc…

Nous ne donnons pas de médicaments, ou rarement et de façon discrète, car les patients ont déjà un traitement ordonné par le médecin du service, mais nous distribuons de la poudre de protéine vitaminée que les patients prennent soit avec de l’eau soit avec du lait.

Puis nous déterminons les personnes qui nécessitent une prise en charge spécifique et les soins proprement dits ( nettoyage des lésions, ablations des peaux et des croûtes ) sont donnés de la façon la moins douloureuse possible ( ce qui est souvent difficile ).

Nous fournissons également des draps propres aux malades.

Pendant ce temps, une autre partie de l’équipe se rend dans les autres services _ souvent en orthopédie _ où se trouvent des lavaris sans famille, pour s’occuper d’eux et nous faisons les bandages, installons les patients plus confortablement et complétons aussi la nourriture si nécessaire .

Souvent il faut suppléer au traitement médicamenteux déficient, surtout pour les personnes qui sont longtemps immobiles. Le personnel de l’hôpital nous connaît et fait appel à nous en cas de besoin ; cependant il faut souligner que des progrès ont été réalisés depuis 7 ans concernant la prise en charge, l’hygiène, l’état des matelas etc…

Petits progrès, mais importants à relever. L’enfer ne s’est pas changé en paradis, toutefois on pourrait parler de purgatoire…

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